Vanité, tout est vanité…
Disclaimer : Malheureusement je ne suis pas le génie qui a eu l’idée de créer l’univers de Highlander. Je ne fais qu’emprunter Duncan, Methos et les autres à leur propriétaire, ce cher Rysher et je ne me fais pas d’argent sur son dos avec la petite histoire qui suit.
Résumé : Parfois on retrouve des choses au fond des placards…
Style : retour du passé pictural…
Auteur :
Mara Jade
Adresse de l’auteur :
i.aube@worldonline.frNote de l’auteur :
N.B. : Les ++++++ annoncent des flash-back.
Remerciements
:Et un grand merci à Steph pour la relecture se qui évitera sûrement quelques arrêts cardiaques à cause de ma façon tout personnel de manier l’orthographe de la langue française.
BONNE LECTURE
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David supervisait la livraison de la caisse. C’était une tache ingrate mais il ne l’aurait laissée faire à quelqu’un d’autre pour rien au monde. Il l’avait tellement attendue ! Et là il était si proche du but !
Depuis qu’il avait vu la toile en Hollande, il avait remué ciel et terre pour que les guetteurs la récupèrent. Cela n’avait pas été facile, elle était dans la même famille princière depuis des siècles et ils ne voulaient pas s’en défaire. Mais à force de persuasion agrémentée d’un gros chèque elle était là !
La caisse qui recelait ce précieux trésor avait été déposée dans l’une des salles souterraines du QG parisien des guetteurs. Certains guetteurs s’était rassemblée pour pouvoir admirer la dernière trouvaille du guetteur officiel de Sitalva. Car depuis que la première des immortels avait été identifiée, elle était devenue l’un des sujets de prédilection de la vénérable organisation.
Cette femme qui ressemblait à une adolescente et qui pourtant était la doyenne de l’humanité. Et puis elle était accompagnée de quelqu’un qu’ils connaissaient très bien ici au département des recherches : Adams Pierson alias Methos.
Methos et Sitalva, un conte… enfin ça c’est ce qu’ils auraient répondu, il y a à peine un an ! Les guetteurs avaient appris à revoir leur sens du réel et de l’irréel.
David Farrinelli malgré son jeune âge était l’un des guetteurs a qui incombait cette tache. Il y a quelques années c’était lui qui avait relancé le programme sur Sitalva alors que personne ne s’y intéressait. Il avait avancé à pas de fourmis, trouvant quelques brides de textes par-ci par-là pour finalement la trouver : elle.
Mais le jeune homme ne se faisait aucune illusion et savait très bien que cela avait été un miracle plus qu’autre chose…
Mais bon le résultat était là !
Et chaque jour apportait une pièce de plus à l’immense puzzle qu’est la vie de la première des immortels.
Mais parfois David se demandait si chaque découverte ne la rendait pas plus obscure et légendaire… Comme cette toile que quatre hommes venait de dévoiler aux yeux de l’assistance…
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Le tableau était une toile de plus de deux mètres de haut qui imposait par sa taille et son cadre monumentale doré à l’or fin.
David ne l’avait pas quitté du regard depuis près de deux heures et restait toujours aussi dubitatif.
La femme qui posait sur le tableau était alanguie sur un fauteuil, une main pendant paresseusement. La coiffure compliquée avec de nombreuse perles ainsi que les riches soieries de sa robe montrait sa haute position sociale.
Elle avait le regard perdu dans le vide comme absente de son époque. Le regard était ce qui captivait l’attention dès le premier coup d’œil. Des yeux dont on ne pouvait pas vraiment donner la couleur avec certitude et qui ressortait encore plus encadrée par les cheveux noirs comme l’ébène.
A ses pieds se trouvaient des livres, des instruments scientifiques et de musiques et d’autres objets qui représentaient la réussite sociale à la Renaissance, ce qui était assez classique.
Mais la jeune femme représentée était tout sauf classique. Elle était immortelle, la première des immortels… Sitalva…
Sita avait donc un bras qui pendait comme pour marquer la lassitude. La lassitude de quoi ? De l’existence oisive d’une noble de la fin du XVème siècle ?
Mais ce qui avait encore plus intrigué David c’était l’attitude du second bras. Sitalva avait ce dernier sur les genoux posé sur un crâne humain ainsi qu’une dague.
Ce tableau était donc une vanité…
Un tableau voulant montrer la réussite du sujet mais en la remettant en perspective grâce au symbole de la mort représentée par le crâne.
Mais une question obsédait David : pourquoi il y a 400 ans Sitalva avait-elle voulu se faire représenter comme une mortelle ? Il est vrai que la mort est très présente pour les immortels mais Sitalva…
Elle était le mythe, la légende… Intouchable. La plupart des légendes où son nom est cité on lui donne le titre de reine de l’Eternel…
Cela voudrait-il dire que rien n’est éternel pas même la mère des immortels ?
David était sûr que cette toile était plus qu’un phénomène de mode, il sentait qu’elle avait quelque chose de personnel. Il se dégageait tant de sentiments de cette peinture qu’elle ne pouvait être issue que d’une volonté propre.
Mais pourquoi était la question qui revenait en permanence…
VOIX : Alors ça avance ?
David sursauta et se tourna vers la direction d’où émanait cette voix qu’il connaissait si bien. Joe Dawson se tenait à quelques pas du jeune homme un large sourire aux lèvres.
David aurait dû se sentir en colère que l’on l’interrompe dans ses recherches mais là il était juste heureux de voir son mentor.
DAVID : (avec un sourire) Je te croyais en vacances ! Qu’est-ce que tu fais là ?
JOE : Macleod est en vacances ! Nuances ! Il est parti faire un tour au carnaval de Rio avec Amanda, alors je m’occupe entre deux cartes postales !
David ne fit aucune remarque sur le fait que normalement il devrait plutôt être à Rio sur les talons de son immortel au lieu d’attendre de ses nouvelles par la poste ! Mais il n’avait rien dit sachant qu’il ne ferait pas changer d’avis Joe…
Et puis il ne se sentait pas d’humeur à se faire sermonner sur les vertus sacrées de l’amitié et bla-bla, bla-bla…
Et puis Joe faisait ce qu’il voulait surtout que depuis quelques temps l’organisation semblait fermer les yeux sur les écarts de Dawson. Surtout depuis que les grands pontes avaient compris qu’il avait Methos et quelques autres dans ses relations…
DAVID : Donc tu viens passer le temps ?
JOE : On peut dire ça, surtout que l’on m’a dit que tu avait fait un sacrée trouvaille !
Joe s’approcha et regarda avec attention la toile. Il n’avait pas le même regard que David sur le tableau, lui il avait vu le modèle en chair et en os !
JOE : C’est fou comme il est ressemblant ! Mais ça reste très spécial. C’est sombre…
DAVID : Oui, ça date de la fin de la Renaissance.
JOE : Une vanité ?
DAVID : Il semblerait mais c’est un peu tard pour ça à moins qu’elle l’ait commandé spécialement.
JOE : (qui n’arrivait pas à lâcher le tableau du regard) Et tu en as appris plus ?
DAVID : Oui et c’est là que ça commence à devenir passionnant ! La femme sur le tableaux est sensée être Camille de Castille, pupille du roi d’Espagne, Alphonse IV. Elle fut envoyée par son parrain à la cour du roi de Hollande pour ses 19 ans et là ça rentre carrément dans la légende familiale ! Le roi de Hollande, veuf depuis peu serait tombé fou amoureux d’elle et aurait demandé sa main au roi d’Espagne !
JOE : Et il a dit oui ?
DAVID : D’après les archives de la cour d’Espagne, il n’était pas ravi. J’ai même trouvé une allusion au faite que la mère de Camille aurait été la favorite du roi d’Espagne !
JOE : Oui mais dans ce cas la mère et la fille sont la même personne !
DAVID : C’est ce que je crois aussi. Je dirais même que Sitalva a été la maîtresse du roi d’Espagne et qu’elle lui a avoué son immortalité comme ça au bout de 20 ans il l’a fait passer pour sa pupille. Ce qui explique par la même occasion que certains croyaient qu’elle était sa fille.
JOE : Donc il a fini par dire oui ?
DAVID : C’est exact mais une semaine avant le mariage elle s’est tuée lors d’une chasse à cours en faisant une mauvaise chute de cheval.
JOE : (pensif) Les immortels n’ont pas le droit de devenir roi…
DAVID : Oui il semblerait que cette règle soit même valable pour la première des leurs.
JOE : Et ce roi de Hollande elle l’aimait ?
DAVID : L’histoire ne le dit pas mais il lui a fait les obsèques d’une reine.
JOE : Et bien ! On en apprend toujours de belle !
DAVID : Oui mais ce tableau… Il veut dire quoi ?
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Sitalva ne savait pas ce qui l’avait poussé a se connecter sur le site des guetteurs. Une bonne vieille intuition… Pirater l’entrée du serveur n’avait pas été difficile mais là elle ne savait pas si elle avait envie de savoir…
Elle ne savait pas vraiment ce qui l’avait poussé à quitter l’étreinte douce et réconfortante de Methos en pleine nuit pour venir là. Emmitouflée dans sa robe de chambre elle regardait l’écran de l’ordinateur ne sachant pas quoi faire…
Elle imaginait une bande de rats de bibliothèques cherchant à exhumer tout ce qu’ils pouvaient de son passé tels des rapaces. Cette image la fit sourire. Elle ne s’était pas occupée des guetteurs depuis près de 1000 ans et se disait qu’ils avait dû évoluer depuis la bande d’alchimistes à moitié fou de l’an 1000.
Et puis ils s’étaient mis à Internet comme quoi tout n’était pas perdu !
Puis dans un sursaut de détermination elle commença à pianoter sur son clavier.
Projet Sitalva, statut actif, guetteur en charge David Farinelli.
David Farinelli, intéressant… Origine italienne, talentueux…
Au moins c’est quelqu’un de bien qui s’occupe d’elle, surtout qu’il avait été recommandé par Joe lors de son entrée dans l’ordre même s’il faisait partie d’une longue lignée de guetteurs…
Quelque part elle était heureuse que ce soit ce jeune homme qui soit chargé de fouiller dans sa vie. Même si elle ne le connaissait pas elle avait une très bonne impression le concernant…
Puis elle alla voir où ils en étaient. Elle cliqua sur " projet en cours " et là elle eut la surprise de voir apparaître une toile qu’elle pensait ne plus jamais revoir. Elle sentait les larmes couler sur ses joues et elle ne prit même pas la peine de les essuyer. Parfois la vie vous joue des tours cruels. Sur des milliers de toiles qu’elle avait fait faire au cours des siècles il avait fallu qu’ils tombent sur celle-là.
Sur une histoire d’amour, un amour impossible…
Avoir vécu dans l’ombre du roi d’Espagne avait été dur mais elle avait tenu. Ils étaient restés amants près de 30 ans alors qu’aux yeux de tous elle était sa pupille les 8 dernières années. Un homme qu’elle avait aimé de tout son cœur et qui lui avait bien rendu et puis ils avaient dû se séparer pour faire taire les rumeurs et les questions…
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Sitalva courait dans les couloirs du palais de Madrid. Sa longue robe de cour ne lui facilitait pas les choses mais elle s’en fichait. Sans se préoccuper des courtisans elle passa par l’un des grands corridors pour finalement emprunter un des passages secret qui menait aux appartement du roi d’Espagne.
Elle trouva le roi à sa table de travail absorbé dans la lecture de quelques papiers. Le roi Alphonse IV n’était plus le jeune homme qu’elle avait rencontré 30 ans plus tôt pourtant elle aimait toujours cet homme. Ils s’étaient rencontré par hasard alors qu’elle ne savait pas qui il était vraiment et depuis…
Au bruissement de sa robe le roi s’était détaché de sa lecture et ne put s’empêcher de lui sourire.
SITA : Pourquoi ?
ROI : Tu le sais aussi bien que moi Sita. Il faut que tu partes.
Sitalva était restée de marbre alors le vieux roi se leva et lui prit les mains.
ROI : Plus rien ne te retient ici et surtout pas un vieux roi…
SITA : Ne dis pas ça…
ROI : Tu es la beauté éternelle, il te faut autre chose que le puritanisme de l’Espagne. Promets-moi que tu vas aller en Hollande.
Alphonse prit le visage de Sita dans sa main et la força à lever la tête.
ROI : Par amour de moi Sita, promets.
SITA : (d’une petite voix) Je le jure, mon roi.
ROI : Alors va.
SITA : Non.
Le roi eut un petit sourire. Il était si rare que l’on lui dise non et il n’y avait qu’elle pour le faire avec autant d’autorité.
ROI : (moqueur) Non ?
SITA : Non.
Puis la première des immortels porta ses lèvres vers celles de son royal amant. Ce fut un baiser chaste, celui de deux vieux amants puis Sita deviens plus entreprenante…
ROI : Arrête Sita, je suis assez vieux pour…
SITA : Pour quoi ? Pour être mon père ? Je ne crois pas sire. N’oubliez pas que de nous deux c’est moi la vieille maîtresse et vous le jouvenceau…
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Il n’y avait pas eu d’autres protestations ce soir là. Le dernier soir où elle l’avait vu…
Puis il avait eu la Hollande et son lot de malheurs en tous genres. Ca avait même fini par une chute préméditée pour qu’elle se casse le crâne ! Oh ! Ca elle ne s’était pas loupée ! C’était un de ses défauts : elle ne faisait jamais les choses à moitié !
Cela lui arracha un pauvre sourire.
Après cet épisode elle avait décidé que les rois et autres princes ça suffisait pour ce siècle et elle s’était embarquée pour ce tout jeune nouveau monde. Elle avait mené une vie très simple en Amérique puis elle s’en était lassée et elle était finalement revenu vers la vieille Europe et tous ses souvenir mais avec un cœur cicatrisé…
Un cœur qui aujourd’hui était au bord de l’hémorragie !
Elle sursauta quant elle sentit la main de Methos sur son épaule. Elle ne l’avait même pas entendu arriver ! Elle devenait vraiment gâteuse avec l’âge.
Methos regarda la reproduction du tableau sur l’écran puis il se replongea dans le regard sombre de Sita. Le première des immortels avait le visage encore humide des larmes qu’elle avait versées et Methos ne put que le remarquer.
Il s’agenouilla près de Sita pour être à la même hauteur que sa compagne et il lui prit les mains.
METHOS : Sita pourquoi tu pleures ?
SITA : (après un petit silence) De vieux souvenirs qui datent du temps où j’ai compris que je n’étais pas éternelle.
METHOS : Et c’était quand ?
SITA : (reniflant) Vers la fin de la Renaissance, (avec un petit sourire) C’est stupide mais j’ai mis près de 16600 ans à m’en rendre compte !
METHOS : C’est tout toi ça ! Tu connais les vérités fondamentales de la planète mais tu n’arrives pas à décider si tu mets un ou deux sucres dans ton café !
SITA : Oui ça doit être quelque chose comme ça !
METHOS : Allez viens te recoucher ! Ca sert à rien de toute façon de ruminer le passé !
Methos et Sitalva se relevèrent et se dirigeaient vers leur chambre quand Sita s’arrêta.
SITA : J’ai une autre idée…
METHOS : Je m’attends au pire…
SITA : Va t’habiller on va faire une balade !
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Il était tard mais David n’avait pu se résoudre à partir. Il ne savait pas pourquoi mais il devait revoir la toile avant de rentrer chez lui. Les couloirs étaient déserts et dans la pénombre mais David connaissait très bien le chemin. Il voulait la revoir être sûr des couleurs, des formes… Revoir encore une fois ce doux visage au regard profond et au sourire fin et mélancolique… Un ange…
Arrivé à la salle il sut que quelque chose n’allait pas. Il était sûr d’avoir fermé la porte à clefs pourtant elle était entrouverte. Le jeune mit quelques secondes à réagir puis poussé par l’inquiétude il se précipita dans la pièce pour se figer presque instantanément.
Elle était là…
Fine silhouette dans la pénombre que procurait l’éclairage de sécurité, elle lui tournait le dos et semblait captivée par la toile. Elle portait un long manteau de cuir noir avec un châle rouge brodé sur la tête et les épaules…
Il était sûr que c’était elle ! De dos dans l’obscurité il l’aurait reconnu. Mais comment était-elle rentrée et que voulait-elle ? Etrangement David n’avait pas peur mais il se demandait comment elle allait réagir, le son de sa voix… Jamais il ne l’avait vue d’aussi près, d’ailleurs il ne devrait pas, c’était contre les règles… Et puis au diable les règles ! Un sourire naquit sur ses lèvres, il avait trop fréquenté Joe Dawson…
Il prit la décision d’avancer lentement le bruit de ses pas étant étouffé par l’épais tapis…
SITA : Elle vous intrigue, n’est-ce pas ?
David resta figé par la surprise. Elle était restée dans la même position et rien ne laissait supposer qu’elle s’était rendue compte de sa présence et pourtant… Elle avait parlé en italien, la langue maternelle de David, d’une voix douce et chantante. Le jeune homme ne savait pas quoi faire, il avait tant pensé à ce moment, prévu la scène et toutes les réactions ! Et là il avait perdu sa langue !
SITA : (toujours en italien) Vous ne répondez pas ?
DAVID : C’est juste que je ne m’attendais pas à vous trouver là…
SITA : Ah ! Il va falloir vous y habituer, je suis imprévisible…
Elle s’était retournée et il put voir son superbe sourire.
DAVID : Et vous avez l’intention d’apparaître comme ça de temps en temps ?
SITA : Je ne sais pas, c’est une situation nouvelle pour moi.
DAVID : Laquelle ?
SITA : D’avoir un guetteur.
DAVID : Oh !
SITA : Je vous ai évité pendant des siècles et voilà que du jour au lendemain je rentre dans vos fichiers comme immortel actif, c’est assez déconcertant quand même ! (elle se retourna vers la toile) Et puis quand j’ai su que vous aviez ça… J’ai eu envie de la revoir.
Sa voix s’était teintée de tristesse en quelques instants. David se demandait en quoi ce tableau pouvait lui rappeler de mauvais souvenirs. Peut-être qu’elle se remémorait l’époque où elle était à la cour de Hollande dans les derniers fastes de la Renaissance. Elle aurait pu être reine… Et puis elle avait un tel maintien, une telle assurance qu’elle était naturellement royale.
Pourtant David n’avait pas vu des regrets dans ses paroles mais plutôt une blessure très mélancolique.
DAVID : Elle vous rappelle des souvenirs ?
SITA : Oui, mais vous devez déjà connaître l’histoire.
DAVID : Oui.
Un silence profond s’installa. puis au bout de quelques minutes elle se retourna et s’approcha du guetteur. David retenait son souffle. Il n’entendait que le claquement de ses bottes sur l’ancien parquet. Puis elle s’arrêta à un mètre à peine du jeune italien. Il pouvait sentir son parfum, un mélange de fleurs et d’encens. Pas le genre de parfum que mettrait une jeune fille et cela lui donnait un côté intemporel.
SITA : (dans un murmure) Mais ça vous intrigue ?
DAVID : (dans un souffle) Oui.
SITA : Alors posez la moi cette question qui vous brûle les lèvres.
DAVID : Pourquoi la mort, pourquoi une vanité ?
Elle eut un sourire en coin.
SITA : Car la mort c’est toute ma vie.
DAVID : Je ne comprends pas.
SITA : Un jour vous comprendrez. Vous comprendrez que même si la vie peut-être longue et immortelle, elle n’est faite que de la mort des autres et finalement par la vôtre.
DAVID : C’est pessimiste comme vision.
SITA : C’est possible mais c’est dans cet état d’esprit que j’étais quand j’ai commandé cette toile.
DAVID : Et aujourd’hui ?
SITA : Aujourd’hui ce n’est plus un problème.
DAVID : Vous avez trouvé la solution ?
Il fut surpris par le rire cristallin de la première des immortels.
SITA : Il n’y a pas de… solution, David. Il faut l’accepter. Personne n’est éternel, pas même moi. Je suis là depuis plus longtemps que les autres, rien de plus.
Elle venait de l’appeler par son prénom ! Comment pouvait-elle savoir comment il s’appelait ? Peut-être que Joe en avait parlé à Macleod et que l’écossais en avait parlé à… Et puis quoi encore !
SITA : Quelque chose te trouble ?
Là elle le tutoyait ! Mais ce qui le frappait c’était à quel point cela lui paraissait naturel.
DAVID : Vous m’avez appelé David.
SITA : C’est bien ton nom.
DAVID : Euh… Oui…
SITA : Alors où est le problème ?
DAVID : C’est juste que c’est irréel !
SITA : Tu t’y habitueras…
DAVID : Mais on n’est pas censé se voir…
SITA : Ah ! Oui les règles… Mais si tu souhaites ne plus jamais me parler, dis le et je peux te jurer que tu passeras ta vie à prendre des photos.
DAVID : Non.
SITA : Non, quoi ?
DAVID : Non je ne veux pas passer ma vie à prendre des photos. J’aimerais vous connaître. J’ai passé presque toute ma vie à vous chercher.
SITA : Et bien voilà au moins quelque chose de fait. Et puis si tu veux me connaître David commence par m’appeler Sita.
DAVID : Sita…
SITA : C’est un bon début.
Puis elle le dépassa mais alors qu’elle allait passer la porte sous le regard abasourdi de David ce dernier lui demanda :
DAVID : Et pour le tableau ?
Les yeux de Sitalva se posèrent un moment sur la toile.
SITA : Fais en ce que tu veux. Mais par pitié sortez-le au moins de la cave !
David ne put s’empêcher de sourire alors que la première des immortels disparaissait. Oui c’est vrai qu’il serait mieux à la lumière du jour. Et puis elle n’était pas faite pour rester dans une cave où personne ne la verrait : la toile comme le modèle…
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Sitalva sauta tel un félin du mur d’enceinte du QG des guetteurs pour atterrir avec souplesse sur l’herbe fraîche. Puis comme si c’était un geste des plus naturels elle s’épousseta de la terre qu’elle avait récolté dans son périple et avança comme si de rien n’était.
Arrivée à la route elle aperçut la voiture qui était garée tout feux éteints. Elle fit quelques pas et ressentit la présence d’un des leurs. Puis elle ouvrit la porte côté passager et s’écroula sur le siège. Puis elle ne put réprimer l’envie d’observer son compagnon.
Methos n’avait rien dit. Il se contentait de la fixer avec son éternel sourire en coin. Sita lui rendit son sourire. Il paraissait si espiègle comme ça…
Il n’avait pas objecté quant elle lui avait proposé son plan, cela lui avait même paru intéressant. " On va sûrement plus s’amuser que la dernière fois que j’ai mis les pieds là-bas ! " Avait-il répondu.
Mais là ils ne se parlaient pas, c’était au-delà des mots. Par le regard Sita lui faisait comprendre à quel point elle était heureuse ce soir. Ces yeux sombres pétillaient de malice comme rarement Methos ne l’avait vu…
METHOS : Alors ?
SITA : (avec un sourire) Instructif.
METHOS : Donc on est pas venu là en plein milieu de la nuit pour rien ?
SITA : Et non.
METHOS : Et ce David, il est comment ?
SITA : (se rapprochant de Methos) Plutôt beau garçon…
METHOS : (lui aussi se rapprochant de Sita) Ah oui…
Leurs lèvres se rapprochèrent pour ne plus se lâcher. Methos passa sa main sur la nuque de Sita pour être encore plus proche d’elle. C’était un baiser passionner, le baiser de deux amants…
SITA : (dans un souffle) Mais je ne suis plus un cœur à prendre…
METHOS : Et à qui l’avez-vous donné gente dame ?
SITA : A un preux chevalier… qui va avoir l’obligeance de me ramener dans son donjon…
METHOS : A vos ordre…
Il mit le contact et la voiture s’éloigna du QG des guetteurs pour une destination qui fera avancer nos deux immortels vers leur avenir, mais soyons sûrs que ce qu’ils laissent aujourd’hui derrière eux se retrouvera sur leur route demain…
Fin
Et n’oubliez pas les commentaires même si c’est pour dire que ça ne vous plaît pas !
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